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Robert Desnos, biographie

Robert Desnos naît à Paris, le 4 juillet 1900.
Son père est mandataire aux Halles.
Le jeune Desnos n'est pas passionné par les études commerciales qu'il suit après le certificat d'études. Grand lecteur, il rêve d'une carrière littéraire et, à 16 ans, décide d'arrêter ses études contre l'avis de son père. Tout en occupant divers emplois pour subvenir à ses besoins, il fréquente les milieux littéraires ainsi que de nombreux amis anarchistes.

Ses premiers poèmes sont publiés en 1918 dans des revues littéraires (telle que La Tribune des Jeunes) , certains de ces poèmes ont été écrits dès 1915. Ses premières inspirations viennent de Guillaume Apollinaire, Arthur Rimbaud, Laurent Tailhade. Il découvre le Mouvement Dada. Ses oeuvres font preuve d'un goût pour la dérision, la parodie, les jeux de mots. En 1919, secrétaire de l'écrivain journaliste Jean de Bonnefon, il profite de la vaste bibliothèque de ce dernier et fréquente assidûment la Bibliothèque Nationale.
Dans les années 1920, il se joint au mouvement surréaliste. André Breton écrit dans Le
Journal littéraire (en juillet 1924) : « Le surréalisme est à l'ordre du jour et Desnos est son
prophète » . Par la suite, Desnos rompt avec Breton et le surréalisme lorsque Breton donne au mouvement une orientation de plus en plus politique, au côté du parti communiste. Desnos est plus proche des idées socialistes et, en même temps, plus individualiste, voire anarchiste et libertaire.

Dans les années trente, il soutient (à la suite d'un séjour à La Havane), les écrivains et
révolutionnaires cubains qui combattent la dictature de Machado. Il rend également
hommage au poète espagnol Federico Garcia Lorca, assassiné par les franquistes en 1936. Il dénonce dès 1934 le fascisme, au sein du mouvement « Front commun ».
Poète surréaliste, Desnos expérimente l'écriture automatique, le dessin automatique, le
sommeil hypnotique, la communication télépathique... Une photographie montrant Desnos
en plein voyage hypnotique illustre l'ouvrage Nadja, d'André Breton. Desnos s'adonne aussi à l'opium, que lui fait découvrir la chanteuse et comédienne Yvonne George, dont il est amoureux.

En 1926, il s'installe dans un atelier d'artiste au 45 rue Blomet, au coeur de Montparnasse (aujourd'hui, les ateliers du 45 rue Blomet n'existent plus, à leur emplacement se trouve le
square de l'Oiseau-Lunaire, du nom de la sculpture que Joan Miró a offerte à la ville de Parisen hommage à Desnos). Desnos fréquente un large cercle d'artistes, parmi lesquels Jean Cocteau, Henri Jeanson, Ernest Hemingway, Aragon, André Breton...
Le deuxième (et dernier) grand amour de Desnos est Youki (de son vrai nom Lucie Badoud, elle était auparavant la compagne du peintre japonais Foujita... Desnos était devenu l'ami du couple. Il s'installe en 1934 avec Youki au 19 rue Mazarine).

L'oeuvre de Desnos ne se limite pas à la poésie, il écrit des pièces dramatiques ( La place de l'Etoile, drame en neuf tableaux, 1928), des chansons, une cantate pour Garcia Lorca, des émissions radiophoniques (La Grande Complainte de Fantômas, 1933 ; La Clef des songes, 1938), il dessine et peint, il collabore à des oeuvres de cinéma (entre autres, scénario d'un film de Man Ray, L'Etoile de mer)


Desnos dans la Seconde Guerre mondiale.
Desnos avait accompli son service militaire en 1920-1921, en partie au Maroc. En 1939, à la déclaration de guerre, il est mobilisé. Fait prisonnier peu après l'armistice en juin 1940, il est ensuite relâché. De retour à Paris, il collabore au journal Aujourd'hui et dénonce dans ses articles les écrivains et les journaux collaborationnistes, en particulier Céline et ses écrits antisémites. Céline traite en retour Desnos de « philoyoutre ».
En 1942, Desnos gifle le journaliste fasciste et antisémite Alain Laubreaux, il polémique avec Pierre Pascal, rédacteur en chef de la revue fasciste L'Appel. Pascal qualifie Desnos d' « antifasciste, enjuivé, perdu de tout ».

Desnos s'engage dans la Résistance. Il entre après la rafle du Vel'd'hiv' (juillet 1942) dans le réseau de résistance « Agir ». Il fournit des informations pour la presse clandestine et
fabrique des faux-papiers pour les résistants et les juifs. Il sauve ainsi la famille du frère de
son ami Théodore F. et cache chez lui, rue Mazarine, un jeune homme réfractaire au S.T.O. (Service du Travail Obligatoire).

Le 22 février 1944, Desnos est arrêté à son domicile. Prévenu de son imminente arrestation, il n'essaye pas de fuir, voulant ainsi protéger sa compagne Youki.
D'abord emprisonné à Fresnes, il est transféré le 20 mars au camp de Compiègne (Royallieu), où il fait la connaissance du jeune résistant André Bessière, compagnon de déportation jusqu'à la fin.

Le 27 avril, il quitte Compiègne pour Auschwitz, dans un convoi de 1700 déportés.
D'Auschwitz, les déportés sont ensuite transférés à Buchenwald , où ils arrivent le 14 mai (on ne connaît pas encore aujourd'hui les vraies raisons de ce transfert inhabituel).
Le 25 mai, nouveau transfert, à Flossenburg ; enfin, le 3 juin, au camp de Flöha, en Saxe, dans lequel les déportés esclaves travaillent à la production de carlingues d'avions Messerschmitt.

En juin-juillet, Desnos peut écrire deux lettres à Youki.
Desnos écrit sa dernière lettre à Youki en janvier 1945. A l'approche des armées alliées, les Allemands décident de transférer leurs prisonniers dans d'autres camps plus éloignés du front. Une marche de la mort conduit les déportés au camp de Terezin, en Tchécoslovaquie, à 60 km au nord de Prague. Les déportés trop faibles pour suivre et rester dans la colonne sont abattus en chemin.
Desnos, Bessière et leurs camarades parviennent à Terezin le 8 mai 1945, au moment où les Allemands capitulent à Berlin. Le camp est libéré par l'Armée Rouge. Très affaibli, et
démoralisé par la perte des notes qu'il avait réussi à prendre en vue de la composition de
nouveaux poèmes et d'un futur roman, Desnos tombe malade, frappé par le typhus.
Le 4 juin, l'infirmier tchèque Josef Stuna remarque sur la liste des malades de la baraque n°2 le nom de Desnos. Il connaît les oeuvres traduites en tchèque d'un poète français du même nom. Lorsque Stuna demande au malade s'il connaît Robert Desnos, le déporté répond « oui, oui, Desnos, c'est moi... ».
Malgré les soins prodigués par Stuna et l'infirmière Alena Tesarova, Desnos meurt le 8 juin
1945, à 5H30 du matin.

Les cendres de Desnos sont remises à la délégation française à Prague.
Paul Eluard prononce un discours à la légation de Tchécoslovaquie à Paris, à l'occasion du retour des cendres en France le 15 octobre.
Le 24 octobre, un office religieux est célébré à l'église Saint-Germain-des-Prés, l'urne est
déposée dans le caveau familial au cimetière Montparnasse.

Tag(s) : #Robert Desnos 1944 1945

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