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Olomouc, les Pavés de Mémoire. Gerta Abelová

Dans les rues d'Olomouc, sur certains trottoirs, on peut voir, devant les seuils de maisons ou d'immeubles, des pavés avec des plaques sur lesquelles sont inscrits des noms, avec la mention d'une année, toujours la même, 1942.

Ces noms sont ceux des occupants juifs de ces maisons, victimes de l'extermination durant la Seconde Guerre mondiale. Les habitants juifs d'Olomouc et de ses environs furent déportés à Terezin puis dans les autres camps d'extermination nazis, en Biélorussie et Pologne.

Quatre transports sont partis d'Olomouc vers Terezin en juin et juillet 1942, un cinquième transport en mars 1945, en tout près de 3500 déportés, dont moins de 300 survivants à la fin de la guerre .

plaques, Komenského 862/7

Ces pavés, les Stolpersteine, "pierres sur lesquelles on trébuche", aussi appelés "pavés de mémoire", sont un projet de l'artiste allemand Gunter Demnig en mémoire des victimes du nazisme. Le pavé est en béton, la plaque visible est en laiton.

Les premiers Stolpersteine ont été placés en 1995 dans les rues de Cologne en Allemagne, puis dans les rues de Berlin. Fin 2013, on compte plus de 40 000 Stolpersteine dans de très nombreuses villes en Europe.

Olomouc, les Pavés de Mémoire. Gerta Abelová

Devant l'immeuble à l'adresse Komenského 862/7 (rue Comenius) :

Parmi les habitants de l'immeuble en 1942, des membres d'une même famille, tous déportés le même jour à Terezin, le 4 juillet 1942 (ce jour-là, il y a 903 déportés d'Olomouc vers Terezin, 55 seulement survivent à la fin de la guerre).

Gerta Abelová, née en 1931. Elle n'a pas encore 11 ans lors de sa déportation.

Son père, Herbert Abel (né en 1896).

Sa belle-mère, Irena Abelová (seconde épouse d'Herbert), née en 1897 (la mère de Gerta est morte en 1933).

Sa grand-mère (la mère d'Herbert), Lina Abelová, née en 1857. Lina meurt vingt jours après son arrivée à Terezin.

Sa tante Berta Gottliebová (née en 1880 - fille de Lina Abelová et sœur d'Herbert Abel) et sa cousine Zita Gottliebová (née en 1912) toutes deux tuées au camp d'extermination de Malý Trostinets (en Biélorussie, près de Minsk), où elles avaient été déportées après quelques semaines passées à Terezin.

Tereza Försterová (mère d'Irena Abelová), née en en 1859, meurt en avril 1945 à Terezin. Elle a deux autres filles, Greta Försterová (née en 1901), qui meurt en décembre 1942 au ghetto de Baranovichi (Biélorussie), et Arnoštka Herschová (née en 1895), tuée à Auschwitz.

Olomouc, les Pavés de Mémoire. Gerta Abelová

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Gerta Abelová est née le 22 septembre 1931.

Elle est déportée, avec toute la famille Abel-Förster-Gottlieb, d'Olomouc à Terezin le 4 juillet 1942, puis avec son père Herbert et sa belle-mère Irena, de Terezin à Auschwitz le 6 septembre 1943.

Exceptionnellement, les déportés tchèques des deux transports de Terezin à Auschwitz fin 1943 (le second convoi part en décembre, chaque transport compte environ 5000 personnes), ne sont pas exterminés à leur arrivée. Les familles, qui ne sont pas séparées, sont installées dans une partie réservée du camp d'Auschwitz (le camp BIIB, appelé aussi "Familienlager", "camp familial tchèque" ou "camp des familles"). Les familles du premier transport y passent six mois avant leur extermination le 7 mars 1944. Mille déportés de ce transport meurent au cours de ces six mois, avant le gazage des 3000 à 4000 déportés restants.

Gerta meurt gazée à Auschwitz, avec Herbert et Irena, début mars 1944

La date exacte varie selon les sources : le 6, le 7 ou le 8 mars 1944.

Certaines sources erronées, faisant une confusion avec le transport de Terezin à Auschwitz, indiquent pour Gerta et ses parents une mort en septembre 1943.

La préparation de l'extermination commence le 4 mars, le gazage est prévu le mardi 7 mars. Le rassemblement des familles du camp BIIB et leur transfert dans une autre partie du camp se déroulent les 5 et 6 mars. Près de 4000 personnes sont exterminées dans les chambres à gaz le soir du 7 mars.

Des témoins survivants d'Auschwitz (Filip Müller et Rudolf Vrba) rapportent que les déportés ont chanté l'hymne national tchèque, Kde domov můj ? (Où est ma Patrie ?) et le chant hébreu HaTikvah (L'Espoir), avant d'être conduits vers les crématoires.

Olomouc, les Pavés de Mémoire. Gerta Abelová

dessin de Gerta Abelová, fait au camp de Terezin

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Olomouc, les Pavés de Mémoire. Gerta Abelová

Ici a habité

Gerta Abelová

née en 1931

déportée en 1942

à Terezin

tuée

à Auschwitz

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le site du projet Stolpersteine, de l'artiste Gunter Demnig :

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sources :

sur le transport de déportation d'Olomouc à Terezin du 4 juillet 1942 :

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pour les localisations des Pavés de Mémoire à Olomouc, avec notices biographiques des personnes (et leurs portraits pour certains), voir la page internet :

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sur Gerta Abelová et la généalogie de la famille Abel-Förster-Gottlieb, voir :

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La plupart de ces sources reprennent les renseignements donnés par le site du Mémorial de Yad Vashem et sa base de données :

http://db.yadvashem.org/names/search.html?language=en

(la base de données des noms des victimes de la Shoah)

Gerta Abelová y apparaît aussi sous le nom de Gerti Abel.

La photographie de Gerta en 1939 provient de ce site

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Sources sur la déportation des familles tchèques du camp de Terezin vers Auschwitz en septembre 1943, puis leur extermination en mars 1944 :

- Shoah, film de Claude Lanzmann, 1985

texte intégral (témoignages et sous-titre) dans Shoah, éditions Fayard, 1985 (édition de poche "Folio n° 3026", 1997)

Voir les pages 217 à 237 (édition de poche, Folio) : témoignages de Ruth Elias, Rudolf Vrba, Filip Müller.

Filip Müller (né en 1922) et Rudolf Vrba (né en 1924) sont slovaques, internés à Auschwitz en 1942.

Filip Müller est un survivant des Sonderkommandos, les équipes de détenus chargés de brûler les cadavres des déportés gazés dans les crématoires.

Rudol Vrba réussit à s'évader d'Auschwitz avec Alfred Wetzler en avril 1944 et rejoint ensuite les partisans slovaques.

- Je me suis évadé d'Auschwitz. Récit de Rudolf Vrba écrit avec Alan Bestic (éditions Ramsay, 1986 - traduit de l'ouvrage I cannot forgive, Londres, 1963)

édition de poche "J'ai Lu n° 6720" (2004)

Voir le chapitre XIII, pages 243 à 265, ainsi que les pages 394-395 (extrait du rapport rédigé par R. Vrba en avril 1944) - pages de l'édition de poche

- Des voix sous la cendre. Manuscrits des Sonderkommandos d'Auschwitz-Birkenau

éditions Calmann-Lévy, en association avec le Mémorial de la Shoah, 2005

éditions de poche "Le Livre de Poche n° 30657", 2006.

En particulier les pages 183 à 213 et la page 473 , à propos des manuscrits de Zalmen Gradowski, et tableau chronologique pages 555 à 560 (pages de l'édition de poche).

Komenského 7

Tag(s) : #Prague Olomouc avril 2013, #Terezin, #Auschwitz

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